Que ce soit Luzech, Cahors, Capdenac, Le Puy d’Issolud, Murcens et quelques autres sites, il existait encore des débats vifs et passionnés sur la localisation du site d’Uxellodunum, la dernière bataille livrée en -51 av JC par Jules César.

Mais Drappès et avec lui Luctérios, sachant que Caninius et ses légions étaient tout proches, et se pensant certainement perdus s’ils pénétraient sur le territoire de la Province avec une armée à leurs trousses, n’ayant d’ailleurs plus la possibilité de battre librement la campagne en commettant des brigandages, s’arrêtent dans le pays des Cadurques.
Luctérios y avait joui autrefois, avant la défaite, d’une grande influence sur ses concitoyens, et maintenant même, ses excitations à la révolte rencontraient auprès de ces Barbares un grand crédit : il occupe, avec ses troupes et celles de Drappès, la ville d’Uxellodunum, qui avait été dans sa clientèle ; c’était une place remarquablement défendue par la nature ; il en gagne à sa cause les habitants. (La Guerre des Gaules VIII, 32)

Le Puy d’Issolud : des fouilles autorisées par le Service régional de l'archéologie ont été entreprises sur le site du Puy d'Issolud à partir de 1997 et pendant 9 années consécutives à la Fontaine-de-Loulié sous la direction de Jean-Pierre Girault, archéologue bénévole. Ces fouilles ont confirmé les découvertes du XIXe siècle et des années 1920 et 1930. Elles ont permis de dégager un nombre considérable d'armes romaines et de matériels typiques de la période de la guerre des Gaules (traits de catapultes, flèches à barbelures, clous de sandales)ainsi qu'une couche scellée bien datée du Ier siècle avant notre ère. Ce matériel archéologique sert désormais de référence et les résultats des fouilles de J.-P. Girault ont été présentés et validés dans des colloques internationaux mais aussi diffusés dans la presse de vulgarisation scientifique
Le 26 avril 2001, une commission du Ministère de la Culture a officiellement identifié le site du Puy d'Issolud comme le site historique d'Uxellodunum.

Capdenac était un oppidum gaulois avant de se transformer en fort et ville médiévale fortifiée et peut correspondre géographiquement à la description de la topographie du texte latin. Jacques-Joseph Champollion, frère du célèbre déchiffreur des hiéroglyphes, concluait dans son ouvrage de 1820, qui portait sur tous les sites Nouvelles recherches sur la ville gauloise d'Uxellodunum, que Capdenac-le-haut était l'antique Uxellodunum. Depuis lors ses conclusions ont été reprises par André Sors dans les années 1970. Son ouvrage L'épopée gauloise en Quercy ; Uxellodunum, cité martyre a cependant été sévèrement critiqué d'un point de vue scientifique. Une fontaine asséchée est visible sur le site. De nombreux et intéressants vestiges sont exposés dans un petit musée créé par l'APUC, dont la visite est gratuite. La nature de ces traces de galerie et des restes d'ouvrages ne fait pas l'objet d'un consensus au sein de la profession, et relève de l'opinion de leurs promoteurs. Cette hypothèse n'a pas toutefois fait l'objet de publication scientifique récente et reconnue. Le site de Capdenac n'est donc pas retenu aujourd'hui par la communauté des historiens et archéologues.

Les mains coupées
Une formidable découverte va clore définitivement ce débat ! Ce sont deux spécialistes de l’étude des « légendes » transmises par la vox populi et la mémoire collective, Jean-Paul LELU et Raymond DELAVIGNE  qui semblent être  à l’origine d’une découverte décisive. Jean-Paul  Lelu et Raymond Delavigne ont participé en avril 2012 au colloque organisé en collaboration avec la Société de Mythologie française et le Groupe Île-de-France de Mythologie française. Ils avaient alors traité deux thèmes qui leur tiennent à cœur  «Du calendrier gaulois au calendrier des saints : l’exemple des Dix nuits de Grannos à Limoges» et « De Lug à Saint Didier, ou les retombées positives d’une fausse étymologie ».

Ces deux chercheurs sont partis des écrits du R.P. Noché, auteur d’ouvrages sur Gergovie et Alésia, dans les années  50 qui relate une curieuse légende des « mains coupées » rapportée par un compatriote, et qui avait toujours pensé qu’il pouvait exister un lien entre cette légende et la fin de la relation du siège d’Uxellodunum dans la Guerre des Gaules.

César savait que sa bonté était connue de tous, et il n’avait pas à craindre qu’on expliquât par la cruauté de son caractère, un acte de rigueur ; comme, d’autre part, il ne voyait pas l’achèvement de ses desseins, si d’autres, sur divers points de la Gaule, se lançaient dans de semblables entreprises, il estima qu’il fallait les en détourner par un châtiment exemplaire.
En conséquence, il fit couper les mains à tous ceux qui avaient porté les armes et leur accorda la vie sauve, pour qu’on sût mieux comment on punissait les rebelles. (La Guerre des Gaules VIII, 44)

 

Une découverte fondamentale

Uxellodunum 107_2-modLa découverte dont nous avons eu connaissance et que nous annonçons avec cependant beaucoup de précautions concerne des ossements humains, datés d’ores et déjà de la période de la Guerre des Gaules et est constituée de centaines voire de milliers d’os de mains humaines !
Nous nous sommes également procuré une photo extraordinaire, représentant deux mains parfaitement conservées et qui montre très clairement des traces caractéristiques occasionnées par une hache ou un instrument tranchant sur les extrémités des radius et cubitus. Sommes-nous  en présence des restes des milliers de mains que fit couper César après la reddition d’Uxellodunum ? Difficile à affirmer dans l’état actuel des éléments divulgués après la découverte, les scientifiques préférant le silence avant de pouvoir disposer de certitudes.  

La photo ci-jointe est tout à fait surprenante compte tenu de l’état de conservation des os. Un géologue consulté sur ce point nous a confirmé que l'état de conservation des os dépend beaucoup de la nature chimique du sol. Il semble qu’il soit possible que des conditions particulières, présence de cendres indiquant qu’une partie des mains coupées a pu être brulée, aient permis cette conservation tout à fait étonnante. La teinte rouge relevée sur certains ossements provient certainement de la migration d'oxyde de fer, même si la couleur du sol ne parait pas correspondre exactement.

Voilà qui va clore définitivement le débat sur la localisation d’Uxellodunum. Malheureusement nous ne pouvons pas dévoiler l’emplacement précis de la découverte, puisque les analyses sont encore en cours pour préciser un certain nombre d’éléments scientifiques.

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